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BULLETINS.

Bref panoramique de 11 années de BULLETINS de la Fondation Elie BAUSSART (aujourd'hui asbl Elie Baussart).

Septembre 1988-Novembre 1998.

  Dès le premier numéro du BULLETIN, en septembre 1988, il est rappelé que « la Fondation n’est pas une association du souvenir », mais que, « prenant ses racines dans les intuitions d’un précurseur, elle se veut tournée vers l’avenir ».

Et l’avenir, la grande question qui agite les sphères sociale et politique des années 80, c’est la problématique  du travail et du temps. Un groupe de réflexion est constitué qui fera part des résultats de ses travaux dans trois numéros : en septembre 1989, en janvier 1990 et en septembre 1990.

Deux passages, parmi d’autres, et qui gardent, aujourd’hui encore, toute leur pertinence :

  « Il faut trouver une alternative qui donne la primauté à l’homme tout entier et ne se contente pas de l’homo oeconomicus qui est un homme tronqué. Chacun doit avoir une part d’activité marchande mais pas se limiter à cela. »

«  Le Temps, le bien le plus précieux de l’homme. Il l’accompagne de sa naissance à sa mort et lui permet d’agir, de souffrir, de se réjouir et de vivre. Notre société n’est-elle en train de lui voler ce temps par un travail, une consommation et des loisirs forcés ? »

Question à laquelle, le groupe de réflexion ne pourra répondre une fois pour toutes, tant le sujet est vaste et complexe.

Dès le début de la Fondation, un groupe « Wallonie » se forme en son sein et qui va livrer, à intervalles réguliers, le fruit de ses recherches. Ainsi, par exemple, dans le numéro de septembre 1989, est-il fait rapport d’une rencontre avec Vincent VAGMAN à propos de son ouvrage Happart de A à Z. En 1990-1991, ce groupe invite Willy BAL pour deux séances consacrées à La dynamique de la culture wallonne ; Yves DE WASSEIGE avec Région et Communauté ; José FONTAINE et Démocratie dans l’Eglise et en Wallonie : André LEONARD, évêque de Namur ; Jean LOUET pour Histoire, identité, culture de Wallonie. En 1991-1992, c’est au tour de Thierry HAUMONT (Etre écrivain en Wallonie), Vincent VAGMAN (Charleroi, éléments d’une mutation post-industrielle), de Guido FONTEYN (Les Flamands) et Philippe DESTATTE (L’identité wallonne) de prendre la parole à la Fondation. Dans le numéro de février 1992, le compte-rendu de la rencontre avec Guido FONTEYN pose le problème du Vlaams Block et des liens traditionnels du mouvement flamand et de l’extrême droite, ce que ce dernier réfute. Il semblerait que, dix ans plus tard, l’actualité lui ait donné tort. Le mouvement flamand (démocratique) a lui-même pris conscience  de cette alliance implicite qui le minait depuis trop longtemps et a commencé à faire le ménage en son sein.

La réflexion sur le système économique n’est pas absente, loin de là. Ainsi, dans le numéro de janvier 1991, Jean DORZEE pose-t-il le postulat – que déjà posait Elie BAUSSART dès 1938 et qui reste pertinent jusque dans ce 21ème siècle- que « si le système du libre échange s’avère actuellement salutaire à tous (même les pays de l’Est en sont convaincus), le capitalisme sauvage, que le grand marché de 1993 risque d’aggraver en Europe et dans le monde, ne peut être accepté aujourd’hui comme hier. » En Mai 1997, pour joindre la réflexion à l’action, invite est lancée aux lecteurs du BULLETIN de se joindre aux Marches européennes vers Amsterdam.

 L’aspect « culture » et spécialement « culture wallonne » est largement abordé au fil du temps. Citons, par exemple, Willy BAL, qui en septembre 1990, résume le dynamisme de la culture wallonne en ces mots : « Peuple dont la romanité s’exprime traditionnellement, depuis des siècles, par deux idiomes, étroitement apparentés mais nettement individualisés. » En février 1992 est organisée d’ailleurs, sous l’égide de la Fondation, une journée wallonne abordant la problématique de la culture wallonne.

  La foi chrétienne, dont se réclament un certain nombre de membres fondateurs, n’est évidemment pas absente des BULLETINS successifs. La Fondation était d’ailleurs partie prenante lors de la manifestation de soutien à Monseigneur GAILLOT organisée à Charleroi le 05 février 1995. Son numéro de mars 1995 y fait largement écho sous la plume de Jean DORZEE : «  cet événement (est) révélateur du profond malaise qui affecte d’abord le chrétien, mais aussi tout citoyen épris de liberté et de démocratie. » Le 18 novembre 1995, la Fondation organisait conjointement avec Eglise Wallonne une journée de réflexion sur base d’une enquête diffusée dans le BULLETIN de juin 1995. Les actes de ce colloque seront ensuite publiés.

Le numéro de novembre 1998 devait être le dernier BULLETIN. Jean DORZEE quitte alors la présidence en concluant : « Le petit bulletin jaune à parution irrégulière s’intègre dans le grand frère TOUDI qui a les reins plus solides, est mieux organisé avec un public plus large. »

Il s’avère pourtant très vite que le petit bulletin jaune manque aux membres de la Fondation. . En novembre 2000, celui-ci ressuscite, avec un visage différent, sous la plume du nouveau président, Bernard DE COMMER.

Numéros publiés et disponibles sur demande auprès du secrétariat de la Fondation :

 1ère année : 09/88 et 12/88             6ème année : 03/93                                  11ème année :11/98

2ème année : 05/89 et 09/89           7ème année : 02/94,05/94,09/94 et 12/94

3ème année : 01/90 et 09/90          8ème année : 03/95,06/95, 09/95

4ème année : 01/91                       9ème année : 03/96 et 06/96

5ème année : 02/92 et 09/92        10ème année : 03/97, 05/97,06/97et 11/97

  

Brochures :

La journée wallonne du 21/01/89 : Xavier MABILLE (La difficulté d’être wallon, belge, européen), Tony DHONES (Wallonie, Belgique, Europe, Mondez. Vers de multiples appartenances), Jacques HOYAUX( Etre belge, être wallon, être européen).  

La journée wallonne du 27/01/90 : José FONTAINE (La Wallonie censurée).

Journée sociale wallonne du 16/02/91: l’associatif à la croisée des chemins. Jacques YERNA (Les syndicats traditionnels et les nouveaux mouvements associatifs) et Michel PAPELEUX (Existence et impact d’un projet alternatif)

En collaboration avec Eglise wallonne et Subjectif :

 Pour une Eglise dans la société wallonne (09/94)

Valeurs, Eglise et Wallonie(Actes du colloque de Floreffe. Le 18/11/95) 

  Numéros du BULLETIN nouvelle série disponible sur demande auprès du secrétariat de la Fondation :

 N°1    11/2000 Les leçons d’un scrutin communal

N°2   01/2000 Bons vœux pour un nouveau millénaire ?

N°3  03/2001 Ste-Perlette ? St-Polycarpe ?Ou tout bonnement Ste-Marchandisation ?

N°4 05/2001 Un 1er mai de rupture ?

N°5 05/2001 Spécial « Actualités institutionnelles et sociales ». Vacances ou vacance ?

N°6 07/2001. Appel à une autonomie régionale accrue plutôt qu’à des soins palliatifs.

N°7 09/2001.Une embellie qui n'aura guère duré?

N°8 10/2001. Une information très sélective...

N°9 12/2001. Plus d'Europe, mais mieux.

N°10 02/2002.Une oeuvre à revisiter

N°11 06/2002. 1er mai 2002 : colmatage ou front populaire?

N°12 09/2002. Ah! Quand les flamands s'en mêlent...

N°13 10/2002. Les leçons d'un mois de septembre où la démagogie a côtoyé le meilleur

N°14 12/2002. Il est bien plus naturel à la peur

N°15 03/2003. Et si le peuple américains choissisait la paix

N°16 04/2003. Gauche ou droite : les enjeux du 18 mai 2003

N°17 07/2003. Un mariage enfin consommé...

N°18 09/2003. D'un 11 septembre à l'autre...

N°19 12/2003. De quoi 2004 sera-t-il fait?

N°20 03/2004. Vous avez dit : Communauté française ? Bof ...

N°21 07/2004. PS/CDH : un mariage d'amour, vraiment ?

N°22 09/2004. Les langues de bois se délient : propagande de guerre ou crispations post-électorales ?

N°23 01/2005. 2005 une année comme les autres ?

N°24 03/2005. 175/25, une redondance médiatique qui n'engage finalement a rien...

N°25 06/2005. D'un premier mai très communautarisé à la mise au frigo de BHV

N°26 09/2005. Brûler ce qu'on a adoré ?

N°27 12/2005. Pas facile d’être Wallons par les temps qui courent !

N°28 02/2006. Ramdam dans les médias bruxellois...

N°29 04/2006. Il n'y aurait pas de Nation wallonne?

N°30 05/2006. Une Constitution wallonne bien (trop) sage…

N°31 08/2006. Quand Elie BAUSSART nous parle de paix

N°32 10/2006. La violette plutôt que l'olivier

N°33 01/2007. 2007 ne sera pas une fiction...

N°34 03/2007. Un manifeste pour l’unité francophone

N°35 05/2007. DI RUPO/LETERME : le choc des titans n’a pas eu lieu.

 

Bulletin N°36

La quadrature du cercle ou le temps venu des compromis….

Au lendemain des élections fédérales, il y a plus d’interrogations que de leçons à tirer. Le CD&V cartonne, son cousin francophone ne progresse pas de façon significative. Le MR, tout en perdant 2 sièges, devient le premier parti francophone à la Chambre des représentants. Mais son cousin flamand le VLD pique du nez. Le PS s’est effondré. Les « affaires de Charleroi » prétend-il. Sans doute y a-t-il eu de cela. Mais il ne faut pas négliger la vague sarkozienne et son discours neuf (même si sur le fond on n’y adhère pas) face au discours emprunté, misérabiliste, d’un DI RUPO et de la gauche en général qui, contrairement à la droite démocratique, n’arrive pas à s’assumer à force de tirer sans cesse au centre. Son cousin flamand, le SPA s’est littéralement liquéfié. Les ECOLOS, au nord et au sud, s’en tirent bien mais ils pèsent seulement pour une dizaine de sièges dans la balance. L’extrême droite ne progresse pas, c’est déjà cela.

Yves LETERME a rappelé dans son discours de victoire (d’intronisation ?) que son parti voulait une réforme de l’Etat. Tous les partis francophones ont rappelé qu’ils n’en voulaient pas.

C’est avec ces données-là que le futur (in)formateur va devoir tenter de trouver une majorité simple ou des 2/3 selon ce qu’on voudra en faire. On ne peut bien sûr que lui souhaiter bonne chance. Il lui faudra une bonne dose de saine gestion des compromis. Il est à craindre même que, dans le chef de certains, l’attrait du pouvoir l’emporte sur les convictions. On peut donc s’attendre à tout, y compris aux pires compromissions.

Et pourtant l’urgence d’un nouvel humanisme – comme Elie BAUSSART l’entendait et dont nous développons le propos ci-dessous- n’a jamais été aussi manifeste.

Bernard DE COMMER

Bulletin N°37

L’heure de vérité ?

Nous écrivions, dans notre bulletin de juin dernier, sous le titre « la quadrature du cercle », qu’il serait particulièrement malaisé de trouver un accord de gouvernement. Force est de constater, à l’heure où sont écrites ces lignes, que nous ne nous étions pas trompés. Après le passage éclair d’un DEHAENE, dans un costume mal ajusté d’informateur tant il est apparu pressé de refiler la patate chaude à son meilleur adversaire, Yves LETERME, et son optimisme de façade quant aux chances de mettre sur pied une coalition « orange bleue », les choses sérieuses ont vraiment commencé. Et il fut de suite évident que les négociations seraient particulièrement compliquées, malgré la vague promesse d’un accord pour le 21 juillet, tout d’abord, puis du 15 août par la suite. A ce point, d’ailleurs, qu’ALBERT II a suspendu celles-ci et rencontré les présidents de parti un à un, Yves LETERME peaufinant une note susceptible de ramener les partenaires à la raison et échouant finalement avec la conclusion logique de son échec : sa démission.

Mais pourquoi diable est-ce si difficile ?

Rappelons, en premier, que les revendications flamandes, ne sont pas neuves ; elles étaient déjà présentes en l’espèce en 1999, puis en 2003. Mais, on a, alors, contourné la difficulté en créant une commission ad hoc chargée d’explorer l’institutionnel. A force d’échapper au débat – nous voulons dire : un vrai débat - à coups d’entourloupes, on finit invariablement par amplifier les problèmes. Les rancoeurs s’accumulent, la méfiance croît de part et d’autre.


Personne ne niera à ce jour que les uns et les autres se soupçonnent des pires intentions cachées.

Rappelons encore que la position des francophones est aussi connue depuis bien avant les élections.

Pas de quoi être surpris donc. Mais au-delà de ces aléas, il y a surtout le fait qu’on se trouve confronté à deux conceptions du fédéralisme. RICHELIEU écrivait que « chacun conçoit les affaires selon la portée de son esprit ». Ce que nous vivons avec les présentes négociations (mais on le savait depuis longtemps) illustre à merveille cette citation. La Flandre envisage le fédéralisme comme l’alliance de deux nations indépendantes qui mettent en commun un certain nombre de choses ; les Wallons et les Bruxellois veulent un état central fort qui délègue certaines compétences aux entités. C’est du moins ainsi que le discours majoritaire s’exprime. Ces deux conceptions se télescopent, bien entendu, et dès lors, il nous semble que le scénario envisagé par l’émission de la RTBF qui fit couler tant d’encre il y a quelques mois n’est plus si irréaliste que cela. Nous l’avons toujours dit : nous devons nous y préparer. Il n’est pas du tout certain que nos leaders politiques du sud du pays, tous partis démocratiques confondus, en soient convaincus. Ils donnent aujourd’hui plutôt l’image d’aller à rebrousse poil de l’Histoire. La politique de l’autruche en quelque sorte.

La suite nous dira si notre analyse était présomptueuse ou si l’heure de vérité a sonné, mais il nous étonnerait fort que nous nous fussions trompés in fine.

Bernard DE COMMER.

Le 24 août 2007.

Bulletin N°38

Est-ce encore l’heure des compromis à moitié ?

Le discours belgicain des partis francophones s’essouffle. De plus en plus d’hommes politiques wallons et bruxellois, de commentateurs, font le constat que, finalement, le fédéralisme d’union a de moins en moins d’avenir et qu’on s’oriente cahin caha vers le confédéralisme, voire la scission pure et simple du pays. La politique de l’autruche clamée haut et fort par DI RUPO est remise en question au sein même de son parti. Lorsqu’il y a quelques semaines, un José HAPPART s’exprimait en faveur de ce confédéralisme, certains ricanaient : le chant du cygne de la vieille garde régionaliste, qu’ils disaient… Aujourd’hui, quand un MOUREAUX fait remarquer que « ceux qui plaident la fin de Belgique, par étapes, certes, mais réelle, sont devenus une minorité tellement importante qu’elle détermine la suite des événements » (LE SOIR du 25/09/07), ces mêmes qui ricanaient n’en ont plus envie. Car on en est là, au 107 ème jour de la crise et, au moment où ces lignes sont rédigées, rien ne permet de croire que le bout du tunnel soit proche. Ce confédéralisme, voire cette scission du pays, ceux qu’on appelle improprement les Francophones – Wallons et Bruxellois, cela siérait mieux, sinon pourquoi ne pas parler de Néerlandophones et de Germanophones ? – ceux-là s’y préparent dans les faits en réclamant, par exemple, l’élargissement de Bruxelles, l’idée étant d’éviter que Bruxelles ne devienne une enclave au cœur de la Flandre
Elie BAUSSART fut en son temps (à l’encontre souvent des milieux catholiques d’alors) un fervent partisan du fédéralisme à deux : Flamands et Wallons. Il n’était pas à cette époque question de Bruxelles comme région à part entière. Force est de constater que son rêve, un temps – très court, il est vrai- rencontré, n’est plus guère d’actualité. On peut le regretter, on peut s’en réjouir – à chacun de juger-. Mais nul ne peut plus se voiler la face : même si l’on s’en sort une fois encore par des compromis ‘ou compromissions) à la Belge, l’Histoire n’en est pas moins en marche. Et la fin de la Belgique de papa programmée. Quelque chose d’autre se précise. Ce que ce sera, nous ne pouvons évidemment pas encore le dire avec certitude. Mais notre conviction est faite : ce n’est plus qu’une question de temps, il faut nous y préparer car, comme le dit MOUREAUX « ce n’est plus le temps des compromis à moitié ».

Bernard DE COMMER.


Bulletin N°39

Cesser de se leurrer.

D’aucuns – avec l’appui inconditionnel des médias francophones- s’essaient toujours à se convaincre qu’il est possible de sauver la Belgique fédérale. Drapeaux tricolores aux fenêtres (mais plutôt en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre), campagne de signatures (I want you from Belgium: slogan rappelant l’invitation faite aux Américains de s’engager, en 1914-1918, pour sauver la Belgique martyre), discours belgicains de DI RUPO et même une marche pour une « Belgique Unie » (qui a certes rassemblé 35 000 personnes mais essentiellement francophones et pas un homme politique flamand et dont les organisateurs n’ont rien dit du contenu de cette Belgique unie) ; …

Cette conviction, qui revêt par beaucoup d’aspects, les oripeaux d’une croyance, tant l’irrationnel s’en mêle, ne résiste guère à une lecture un tant soit peu attentive des événements.

Il y a, d’abord, la durée de la crise –entendez : l’absence d’un accord de majorité- : 163 ème jour d’attente à l’heure où sont écrites ces lignes, soit le 20 novembre. Les désaccords portent sur l’institutionnel, c’est entendu ; mais celui-ci se retrouve dans toutes les sphères de la gestion de la société : économie, emploi, mobilité, justice, et pour coiffer le tout : budget. Désaccords qui mettent en relief, si besoin était, deux visions globales du vivre ensemble, strates de l’histoire vécue par les uns et les autres, mais aussi strates d’un fédéralisme mal embouché il y a de cela trois décennies et qui devait, tôt ou tard, mener à l’impasse actuelle. L’on essaie bien de rattraper la mayonnaise en parlant –enfin- de circonscription fédérale comme il se doit dans toute état de ce type, mais trop tard. Mais voilà que, à ce jour, le MR, redoutant sans doute l’échec de l’Orange bleue et peu enclin à voir le PS revenir au pouvoir d’une manière ou d’une autre, se met à faire des avances aux partis flamands en matière de réforme fiscale et de droit du travail.

Impasse – et ce sera notre second constat- que la scission BHV illustre à merveille. Sur le fond, cette scission ne nous pose pas de problème de conscience, nous le redisons une fois encore : ceux qui ont choisi d’habiter en Flandre se doivent de s’intégrer. Au même titre que les Flamands – dont était notre grand-père d’ailleurs- ont dû s’intégrer lorsqu’ils sont venus chercher dans les charbonnages wallons de quoi nourrir leur famille. Sur la manière, par contre, il faut bien reconnaître que les Flamands ont dérogé violemment à la règle qui prévalait entre Communautés, à savoir que rien ne se faisait en force,
mais tout en compromis. Il y eut, certes, des précédents mais qui n’ont laissé que peu de traces dans la mémoire collective. Ce qui s’est, par contre, passé en Commission de la Chambre dernièrement risque bien de laisser à vif des blessures d’amour propre pour longtemps quand bien même, par quelque tour de passe-passe, les réconciliateurs désignés par le Roi trouveraient un aménagement acceptable par tous dans ce dossier.

Il y a, enfin, l’incapacité chronique des hommes et des femmes politiques à aller au-delà des tabous qu’ils ont eux-mêmes générés et entretenus en campagne électorale : le « ja natuurlijk » aux réformes institutionnelles côté Flamands, le « non, pas question » au Sud du pays et à Bruxelles. Comment allier des positions aussi antagonistes, sans tomber dans la compromission et tromper l’électorat ? Aujourd’hui, LETERME ou pas, il n’y a pas de solution de rechange et l’on a vaguement le sentiment, plutôt à raison qu’à tort, que l’objectif est aujourd’hui de sauver l’Orange bleue à tout prix.

La solution n’est pas dans l’Orange bleue, ni dans toute autre combinaison, fut-ce celle d’un gouvernement d’union nationale. Il faut s’orienter désormais vers un confédéralisme à trois, voire à quatre (avec la Communauté germanophone) : première possibilité. Ou, si cela s’avère impossible, vers un divorce à l’amiable. Sera-ce via un Comité des Sages ? Oui, peut-être, si celui-ci ne se résume à une coquille vide comme ce fut le cas sous la majorité sortante. Sans quoi, dans deux ans, lors des élections régionales, la crise sera plus ingérable encore qu’elle ne l’est.

Désormais, qu’on le veuille ou non, qu’on l’appelle de ses vœux ou non, la Belgique fédérale vit ses dernières heures.

Bernard DE COMMER.


A MEDITER...

N’ayons de parti pris contre quoi que ce soit, contre qui que ce soit. Je pense spécialement, en disant cela, à notre attitude vis-à-vis des Flamands qui, de bonne foi, comme nous d’ailleurs, cherchent à réaliser l’ensemble des conditions les plus favorables à l’épanouissement de leur peuple. Assez de querelles, de préjugés et de malentendus nous séparent pour que nous ne tentions pas un effort réciproque de compréhension et de sympathie. N’est-ce pas le chemin le plus droit pour le bien des deux peuples et du pays ? (Elie BAUSSART. La Terre wallonne)


A MEDITER ENCORE...

Les Francophones doivent savoir qu’ils ne peuvent pas jouer avec les pieds du gouvernement flamand(...) Les Francophones ont joué, ils ont perdu. Deux fois coup sur coup (...) Cela démontre que quelque chose a changé dans ce pays. Les partis politiques flamands osent enfin affirmer leur volonté sans s’enquérir au préalable d’une autorisation des Francophones. Nous devons faire cela plus souvent. Cela marche. Et nous n’y perdons rien. Bien sûr, on nous envoie un tombereau de gros mots – agression, antidémocratique...- mais cela ne prête pas à conséquence. Le coq chante mais ne pique pas » (Paul GEUDENS, éditorialiste à de Gazet van Antwerpen. Rapporté dans LE SOIR du 19/11/07)


Bulletin N°40

Bye, bye Belgium : de la fiction à la réalité…


Il y a un an, nous écrivions : « Au mois de décembre dernier, la RTBF réveillait la conscience des téléspectateurs habitués ou non de la chaîne publique. Téléspectateurs que les politiciens francophones, à de rares exceptions près, avaient endormis à force de paroles rassurantes. Ils ont d’ailleurs remis cela dès le lendemain se présentant comme des petits pères des peuples wallons et bruxellois, leur discours s’étant résumé à un n’ayez pas peur, cela n’arrivera pas ; nous sommes là, nous veillons. Quelle hypocrisie ! Car enfin, et plus personne ne s’est laissé bercer par de douces illusions, dans quelques mois, si des DI RUPO, MILQUET ou autres, veulent participer un tant soit peu à la gouvernance fédérale, ils savent pertinemment bien que ce ne sera qu’au prix d’un détricotage de plus. Cela fait trente ans qu’il en est ainsi et nous ne voyons pas ce qui ferait qu’il en fût autrement cette année-ci. Donc, d’un point de vue communautaire, institutionnel, nous pouvons affirmer sans risque d’erreur que 2007 ne sera pas une fiction ».

Effectivement, 2007 n’eut rien d’une fiction. Pour preuve, au moment où sont écrites ces lignes, on en est au 187ème jour d’un gouvernement en affaires courantes et tout porte à croire que les fêtes de fin d’année se passeront dans les mêmes conditions. Même une majorité de rafistolage, comme celle que le 1er Ministre sortant s’essaie à constituer, a bien du mal à se concrétiser.

Il y a 6 mois, et avant cela, durant toute la campagne électorale, les partis francophones ont déclaré comme un seul homme qu’ils ne s’inscriraient pas dans un débat de réformes constitutionnelles. Aujourd’hui, l’idée ne les rebute plus, elle leur semble même devenue une évidence incontournable. Certes, l’idée reste, au Sud comme au Nord, le plus souvent emballée dans un discours belgicain pur jus, de bon aloi, politiquement correct, mais la naïveté des citoyens, leur crédulité a des limites : à force de transferts de compétences du fédéral vers les régions, le concept « Belgique » ne sera plus, tôt ou tard, qu’une coquille vide. Qu’on le regrette ou qu’on l’espère, Bye bye Belgium cessera à terme d’être une fiction.

Cette échéance ne doit pas effrayer les Wallonnes et les Wallons. Il faut même s’y préparer, en gardant en mémoire ce que disait Elie BAUSSART en 1919 (cela s’appliquait aux luttes syndicales, mais peut fort bien concerner les luttes politiques) : « L’on conviendra avec nous que si les faits influent sur les idées, les idées elles aussi ne cessent d’influer sur les faits. Et dans la généalogie des évolutions, l’on voit bien que les transformations définitives se sont tout à coup transposées des idées dans la réalité. C’est un phénomène qu’on feint trop d’ignorer ».

Oui, les idées se transposent dans la réalité et les Wallons et les Wallonnes ne veulent pas l’ignorer et même veulent y oeuvrer utilement. Que 2008 puisse concrétiser cette volonté d’aller de l’avant, au-delà des tabous, au-delà des nostalgies. C’est en tout cas les voeux que nous formulons pour nos lecteurs et sympathisants et pour tous celles et tous ceux qui se réclament de la Wallonie.

Bernard DE COMMER.


Bulletin N°41

En guise d'éditorial.

Alors que le débat institutionnel bat son plein en séance ou en coulisses, le M Manifeste wallon a pris l'initiative d'une réunion qui s'est tenue le 24 janvier dernier et qui avait pour thème : la Wallonie existe et s'exprime. A l'issue de celle-ci, le communiqué suivant a été rédigé. Nous le soumettons  bien volontiers à la réflexion de nos lecteurs.

 

« A l'initiative du Mouvement du Manifeste Wallon et sous la présidence de M. Jean Louvet, des élus wallons, des représentants du monde syndical, du mouvement wallon et de la société civile se sont réunis le 23 janvier 2008 à Namur.

Dans le cadre des négociations actuelles au sein du groupe de travail de réforme de l'Etat dit ‘Octopus’ et du débat intra-francophone dans la Commission ‘Busquin-Spaak’, les participants ont  réaffirmé quelques grands principes fondamentaux :

  1. A l’heure où ces négociations engagent l'avenir de l’Etat belge et de la Wallonie, les participants en appellent au courage de tous les négociateurs wallons: qu’ils soient conscients qu’il est de l’intérêt des Wallons et des Wallonnes de se donner les instruments et donc les compétences qui garantiront son avenir ! Le fédéralisme belge, pensé depuis un siècle et mis en œuvre depuis presque 40 ans, à la rencontre des aspirations culturelles flamandes et des revendications socio-économiques wallonnes, est un système mûr. Pour la Wallonie, l’institution régionale a atteint une dimension critique qui lui permettra d’absorber tout transfert de compétences sans difficultés majeures. Toutefois cet acquis doit maintenant être repensé à la lumière des exigences d’aujourd’hui.
  2. La seule réalité un peu solide pour les Wallons et les Wallonnes sur laquelle construire leur avenir et développer leur propre projet de société demeure l’existence d’une Région autonome et « quasi-souveraine ». Le développement économique de même que la solidarité « inter-personnelle » entre citoyens ne se décrètent pas.   Pour porter durablement et renforcer la reconquête par la Wallonie de sa prospérité, l'exercice par l'institution régionale des compétences culturelles est l'un des outils indispensables à celle-ci, ce qui induit qu'elle soit responsable de son enseignement, de sa politique culturelle et de ses médias.

       
Les participants se sont en outre réjouit d’entendre de plus en plus d’élus et de représentants de la société civile bruxelloise déclarer qu’il est temps de laisser derrière nous un Etat belge où deux Communautés se font face, pour permettre l’épanouissement de trois Régions, chacune avec son identité propre, des institutions efficaces et la capacité de développer des coopérations efficientes entre elles.


Bulletin N°42

Une conférence diplomatique permanente entre deux pays…


On l’aime ou on l’aime pas mais il faut bien reconnaître que Bart DE WEVER (N-VA) a le sens de la formule, et de la formule qui dit tout haut ce que pas mal pensent tout bas – y compris du côté francophone. « La Belgique, disait-il à la veille de l’accord de majorité du gouvernement LETERME 1er, la Belgique n’existe plus ; elle n’est qu’une conférence diplomatique permanente entre deux pays ». Effectivement.

L’accord de majorité « lilas » a mis du temps à se concrétiser. L’accouchement se fit même tout bonnement aux forceps. Les tensions y ont été telles entre gauche et droite, nord et sud qu’on se demande ce qui peut bien réunir des partenaires aux conceptions aussi hétéroclites du vivre ensemble. A entendre les DI RUPO, MILQUET, REYNDERS et autres, flamands compris, s’exprimer, chacun tirant la couverture à soi, au soir dudit accord, on a le sentiment comme jamais auparavant de se trouver au sortir d’une de ces conférences diplomatiques où il n’y a ni vainqueur, ni vaincu. Ou plus exactement, si on y regarde de plus près, où il n’y aurait que des vaincus tant les compromis engrangés confinent aux compromissions par rapport aux programmes électoraux respectifs et aux conditions sine qua non qu’on clamait encore haut et fort il y a quelques jours à peine. En matière socioéconomique, de santé, d’emploi, il y a bien quelques avancées, mais vraiment minimes. Et encore, rien n’est moins sûr, car l’argent fait cruellement défaut : pour équilibrer le budget fédéral, il a fallu racler les fonds de tiroir et faire contribuer Régions et Communautés. Du côté des réformes institutionnelles, il faut bien dire que l’on restera sur sa faim au minimum jusqu’en juillet. Or n’oublions quand même pas que le maintien aux affaires du PS a été dicté uniquement par le souci de dégager une majorité des 2/3 indispensable aux réformes institutionnelles. De réformes, il n’est guère question, ou si peu ou de manière anecdotique si ce gouvernement s’en tient au seul accord intervenu au Comité des sages.

Conférence diplomatique donc, mais appelée sans doute à durer probablement jusqu’aux prochaines élections régionales où nul n’est besoin d’avoir des qualités de devin pour prédire qu’on se retrouvera au même point, personne n’imaginant que les Flamands auront oublié leurs revendications et que les partis francophones auront retrouvé un tantinet de lucidité et de courage pour s’engager dans la voie d’un confédéralisme inéluctable que leur attitude présente ne fait que postposer à plus tard.

Jusqu’à quand ? Dieu seul le sait sans doute… Et ceux qui n’auront pas su, pas voulu, aller de l’avant risquent fort bien par imprévoyance ou entêtement de se retrouver où ils n’imaginaient pas se rendre un jour. Espérons qu’ils n’auront pas, que nous n’aurons pas, nous Wallons, à le regretter.


Bernard DE COMMER.


 

Bulletin N°43

15 juillet : stop ou encore ?

Le 15 juillet prochain, la question risque bien de se poser. Pas seulement en termes de chute du Gouvernement LETERME 1er mais aussi, et surtout, en termes de poursuite ou non de l’existence de la Belgique.

M. MOUREAUX – un PS et qui plus est un Bruxellois- dans LE SOIR du 18 juin dernier se positionnait pour négocier « une nouvelle Belgique », entendez pas là une Belgique « confédérale ». Le jour même, il s’attirait les foudres de Mme MILQUET, les critiques d’ECOLO, le quasi- silence du MR et le soutien viril du parti socialiste. On se rappellera quand même utilement qu’il y a 1 an à peine ce dernier criait haut et fort n’être demandeur de rien en matières institutionnelles. Mais bon, comme dit l’adage populaire : seuls les ânes ne changent pas d’avis.

Cette « nouvelle Belgique » selon M. MOUREAUX, c’est une Belgique confédérale qui s’articulerait sur 3 Régions fortes mettant en commun ce qu’elles estimeront devoir mettre. Et pour mettre sur pied cette « nouvelle Belgique », celui-ci de décliner un certain nombre de propositions comme l’élargissement de Bruxelles, la protection des minorités, etc.

Les arguments avancés par M. MOUREAUX nous paraissent pertinents. Ainsi, dit-il, l’appareil de l’Etat fédéral est de plus en plus aux mains des Flamands. Exemple : le Conseil d’Etat qui ne déciderait plus en fonction du droit mais des intérêts flamands. C’est indéniable.

Il n’est plus, ajoute-t-il, un domaine de la gestion publique que les Flamands ne souhaitent transférer aux Régions. Et bien qu’ils s’en défendent (quoique la sortie récente de la présidente du CD&V, Mme THISSEN, qui s’est tout aussitôt rétractée), c’est sur une scission du pays que l’on finira par déboucher. Une « procession d’Echternach » ironise M. MOUREAUX relativement à ce volte-face.

Tout, tout indique que l’on va dans cette direction-là. On le regrettera ou non, mais c’est une réalité à propos de laquelle la seule question qui reste en suspens est la suivante : dans quel laps de temps y serons-nous ?

Pour M. MOUREAUX, il ne s’impose plus de tergiverser. Et nous partageons son point de vue. Plus on attend, plus on retarde l’échéance, plus cela va devenir difficile. Et la proximité des élections régionales en juin 2009 rendra les négociations plus dures encore. Donc, c’est notre souhait : allons-y pour une Belgique confédérale. Non pas que nous fussions particulièrement attaché au label « Belgique » mais parce que cela nous semble la solution la plus raisonnable dans le contexte européen.

Certains juristes puristes ont cru bon jouer sur les mots dans les médias en affirmant qu’il n’y avait plus aujourd’hui, en Europe, de pays confédéral. La Suisse, qui se définit encore comme telle, est en fait un Etat fédéral. Soit. Ont cru bon aussi souligner que le confédéralisme implique que des pays souverains s’allient sur des matières précises et que des décisions dans ces matières se prennent à l’unanimité. Il faudrait donc, à leurs yeux, une scission du pays comme étape intermédiaire. Soit, s’il faut passer par là, après tout pourquoi pas ? A moins que nous n’innovions et passions d’un Etat fédéral à un Etat confédéral. Qu’importe, à la fin : l’essentiel n’est pas dans ces querelles de juristes mais dans la volonté des uns et des autres d’aboutir.

Ceux qui, aujourd’hui, ne perçoivent pas où l’on va ou qui, le percevant, tentent par tous les moyens de retarder l’échéance, seront bien forcés de regarder l’ Histoire s’écrire sans eux. « Tout nous fait signe : à nous d’en faire sens », écrivait Pierre EMMANUEL. C’est en tout cas notre volonté, c’est en tout cas celle à laquelle nous appelons les Wallonnes et les Wallons.

Bernard DE COMMER.


Bulletin N°44

Mieux vaut tard que jamais…

De quoi ont été faites au plan institutionnel les vacances estivales ?

Il y eut, tout d’abord, la remise en selle par Albert II en personne de l’homme aux trois échecs, Yves LETERME. Sans doute pour un quatrième dans quelques semaines. N’anticipons pas, mais il sera, cette fois, difficile aux politiques de mettre sur pied un scénario cousu de fil blanc comme celui qu’ils nous ont servi à la mi-juillet : démission du Premier Ministre, unanimité (suspecte s’il en est) au sein de la majorité pour le maintenir en place (brusquement celui-là même qu’on affublait de tous les travers et de tous les défauts la veille encore devenait un incompris bourré pourtant de qualités) ; refus du Roi de rendre cette démission opérationnelle, qui chargeait le gouvernement d’une mission essentiellement socioéconomique, le volet institutionnel étant confié à trois conciliateurs : LANGENDRIES, de DONNEA, LAMBERTZ ; à charge de ces derniers d’explorer les pistes pour une réforme de l’Etat en profondeur. Quelques jours plus tard, ceux-ci font rapport et le débat est reporté à septembre. Puis plus rien ou presque : des broutilles. Une interview de Bart DE WEVER selon laquelle il n’existerait point de minorités en Flandre mais des émigrants dont sont les Francophone et qui doivent s’adapter, propos qui lui ont valu des menaces de mort.  Un peu plus tard, une sortie de DEDECKER proposant contre la scission de BHV un retour à une représentation démocratique des Flamands à Bruxelles (surreprésentés eu égard à leur nombre). Enfin, à quelques heures du long week-end de l’Assomption, le retrait à Lennik des drapeaux belges des bâtiments communaux. Bref, pas de quoi rameuter nos édiles fédérales, toutes en vacances.

Mais l’essentiel, pour nous, était ailleurs. Au Parlement wallon qui a adopté entretemps une résolution relative à une réforme en profondeur de l’Etat. Résolution qui vient avec sept années de retard par rapport à une résolution semblable du côté du Parlement flamand. Mais mieux vaut tard que jamais. La cacophonie que nous avons connue depuis les dernières élections fédérales a au moins eu ce mérite-là.

Quelle est la teneur de cette dernière ? Nous ne pouvons qu’inviter nos lecteurs et sympathisants à la lire attentivement ci-dessous. En attendant immanquablement de nouvelles velléités dans les prochaines semaines. D’autant que le Président de la Communauté germanophone,LAMBERTZ, a déclaré douter de la possibilité d’une telle réforme avant les élections régionales de juin prochain. Propos qui n’ont pas plu à Yves LETERME qui, lui, y croit toujours. Il est, certes, des fois qui soulèvent les montagnes. Encore faut-il que ceux qui en font profession aient la volonté et les capacités pour y arriver. Qu’il nous soit permis de douter de l’une comme des autres.

Bernard DE COMMER.


Bulletin N°45

Une rentrée plutôt chaude....


Les trois premières semaines de septembre ont été marquées par des soubresauts en matière institutionnelle, comme il fallait évidemment s’y attendre. Elément déclencheur : le rapport au Roi des 3 médiateurs. Celui-ci ne brille pas par son originalité mais contient toutefois un élément qui nous paraît essentiel : pour la première fois dans notre (jeune) histoire fédérale, ce sont les entités fédérées qui vont débattre entre elles des réformes à apporter en matière institutionnelle. Cela ressemble à s’y méprendre à une stricte démarche confédérale. A cela est venu s’ajouter l’éclatement du cartel CD&V/NVA. On pouvait s’attendre, dans un premier temps, à un durcissement des sociaux chrétiens flamands amputés de leur alibi nationaliste. Il semble qu’il n’en a rien été. Pure stratégie sans doute. N’empêche, Bart DEWEVERE n’en a pas moins accusé son ex-conjoint politique de participer à un gouvernement de Vichy. Sous-entendu : Vichy collaborait avec l’ennemi. Cet ennemi, aujourd’hui, ce sont les francophones. Comparaison saisissante, s’il en est, dans la bouche d’un historien. Quoiqu’il en soit, il n’est du tout certain que la mise au coin du parti nationaliste flamand facilitera les débats. Qui vivra verra.

Puis survint la crise financière aux Etats-Unis, la faillite de certaines banques d’investissement et, chose surprenante, dans un Etat qui se veut ultra libéral, l’intervention massive de fonds publics pour les maintenir à flot. Motif invoqué de cet interventionnisme : sans cela, c’est tout le système économico-financier du pays qui s’effondrerait. Le plan PAULSON, dans sa première mouture, a cependant été rejeté par le Congrès. Les raisons de ce rejet sont aussi multiples qu’il y a de représentants : trop peu interventionniste pour certains démocrates, trop pour certains républicains et, enfin, à notre sens le plus évident, pas assez social. Quid des milliers de ménages américains laissés sur le carreau par les cadors du marché du crédit hypothécaire ? Quelques jours plus tard, par ricochet (mais seulement tant il est vrai que des lacunes sont apparues dans le management du groupe), il y eut FORTIS, lui aussi renfloué par de l’argent public, c’est-à-dire, ni plus ni moins, (re) nationalisé. Et au moment de clôturer le présent éditorial, ne voilà-t-il pas qu’on parle de DEXIA chez nous et d’autres institutions en Grande-Bretagne et en Allemagne? Avec FORTIS et DEXIA, on ne parle plus de fonds spéculatifs, de banques d’investissements et autres intermédiaires pour capitalistes jouant en Ligue des Champions pour reprendre une appellation qui dit bien ce qu’elle veut dire. Non, ici, on parle de banque de dépôts, la banque du simple particulier. Dans un cas comme dans l’autre, ce sont les victimes de l’inconscience des dirigeants qui vont payer les pots cassés: au niveau de leur emploi, mais aussi via les impôts, c’est-à-dire via leur part contributive au fonctionnement de l’Etat. En attendant, les responsables, eux, s’en tireront bien. Et je ne pense pas que M. LIPPENS et autres consorts , malgré « une sortie sans gloire » comme titrait LE SOIR dans son édition du 29 septembre dernier, se retrouvent sur la paille. Les parachutes dorés vont fonctionner à plein. Il n’est pas inutile de rappeler que l’Europe autorise évidemment la capitalisation d’état, pour autant qu’elle ne nuise pas à la concurrence et qu’elle fût de courte durée. L’Etat injecte donc de l’argent, puis, le navire renfloué, se retire. Concluons par souligner, avec quelque ironie, que c’est ce même FORTIS qui entre 1993 (achat de 50% de la CGER à l’Etat) et 1998 (100% de la CGER qui disparaît) et DEXIA qui fit de même avec le Crédit Communal.
Mais il nous semble qu’on ne peut en rester là sans remettre en question le capitalisme et son pendant le libéralisme économique.

En 1938, aux portes de la seconde guerre mondiale, Elie BAUSSART dénonçait, dans Essai d’initiation à la Révolution anticapitaliste « l’organisation capitaliste – incurable aveuglément ! – (qui) s’inquiète fort peu de la répartition. Ou plutôt (qui) l’a organisée de telle façon qu’elle a fait et fait toujours en sorte de gonfler les gains de la toute petite majorité des grands capitalistes et de compresser les revenus des masses ». A lire et relire ces lignes, on a le sentiment qu’elles ne datent pas d’il y a septante ans, mais qu’elles viennent d’être écrites tout juste hier.

A tout le moins, pensons-nous, le système libéral ne peut être livré à lui-même au motif qu’il s’autorégule. Il ne le fait pas. Le Fonds de protection des dépôts et des investissements financiers chez nous permet une certaine protection des épargnants et actionnaires privés à concurrence de 20 000 EUROS en tout cas. Mais les régulateurs nationaux démontrent par l’absurde leur inefficience : ils n’exercent que le contrôle des acteurs financiers dans le meilleur des cas. Quid des fonds spéculatifs ? Il n’y a dans les faits aucun contrôle sur les produits mis sur le marché. M. LETERME, en Commission de la Chambre le 30 septembre dernier, affiche à demi-mots toute son impuissance lorsqu’il répond à M. NOLLET l’interpellant sur l’impact économique des mesures prises : « Aurait-il mieux valu ne rien faire ? »

Le très libéral Didier REYNDERS, de son côté, ne nous convainc guère quand il déclare sans vergogne que « l’Etat n’a jamais failli à ses obligations » et qu’il « n’est pas question qu’il change jamais », arguant du fait que FORTIS est LE pilier financier belge. Non que nous en doutions, mais que sa réflexion s’arrête aux 4,7 milliards injectés par la Belgique pour renflouer FORTIS frise l’indécence. On n’oubliera pas qu’il en manque autant pour clôturer le budget.

Le système capitaliste a sans doute, via l’économie de marché, apporté une certaine prospérité au monde occidental mais au prix d’un appauvrissement éhonté du Tiers-Monde et de millions de chômeurs. Nous pensons que le modèle capitalise ne peut être l’ultime étape de l’histoire économique et sociale de l’humanité. Certes, après l’effondrement d’un système concurrent qu’était le socialisme et son économie planifiée, nous ne pouvons dire très précisément quel pourrait être le nouveau modèle. Mais, comme Elie BAUSSART alors, nous pouvons en deviner les contours et œuvrer pour son avènement : « la preuve est faite -en marchant- qu’une civilisation matérialiste conduit à la catastrophe l’homme subordonné à la matière (dont l’argent est le signe grâce auquel elle s’achète), servie comme un dieu, étouffe faute d’air et de justice, et se révolte ». Ce nouveau modèle de société ne peut être que celui d’une société faite pour l’homme et par l’homme. En un mot comme en cent : une société humaniste.

Espérons que ce qui vient de se passer permettra une prise de conscience de l’ensemble des citoyens sur le modus vivendi qu’ils sont en droit d’attendre et qu’ils ont le devoir de bâtir là où ils sont, à l’échelle où ils sont.

En ce qui nous concerne, en tout cas, nous ne pouvons que redire notre refus d’un système où on privatise quand les bénéfices sont au rendez-vous et on nationalise quand les affaires vont au plus mal.

Bernard et Nicolas DE COMMER.

P.S : les choses décidément vont vite : au moment de mettre sous presse, suite au désistement des Pays-Bas, FORTIS est désormais française. Le bancassureur est détenu à 75% par BNP Paribas, l’Etat belge étant actionnaire principal (11%).


Bulletin N°46

2008 : une année plutôt chahutée....


L’année 2008 s’achève comme elle avait commencé en quelque sorte : sur fond de polémique institutionnelle. On aurait pu croire le problème, si pas enterré, à tout le moins mis au frigo, en regard de la crise financière mondiale et de ses aléas en matière économique et d’emploi. Pas du tout : voilà que le Ministre flamand des Affaires Intérieures repasse les plats en refusant la nomination de trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise. Certes, il est resté égal avec lui-même et la vision flamande des choses et cela n’a en soi rien d’étonnant. Par contre, c’est le moment choisi qui surprend. Car cette décision n’avait rien d’urgent et on aurait voulu mettre en difficulté les négociations institutionnelles mi-secrètes se tenant pour l’heure qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Nous n’avons pas l’intention de nous prononcer sur les arguments avancés par les uns et les autres en cette affaire. Relevons simplement qu’il s’agit là d’une matière hautement symbolique, révélatrice une fois de plus du fossé qui sépare le Nord et le Sud du pays. D’un côté, une insistance particulière sur le droit des gens à élire qui ils veulent ; de l’autre, un arrimage inconditionnel à la notion de territoire et aux implications culturelles qu’il implique. D’un côté, une certaine forme de complexe de supériorité donnée par une langue un temps universelle ; de l’autre, un réel et récurrent complexe d’infériorité culturelle que rien décidément n’atténue.

Cela étant, il faut bien se l’avouer, en matière institutionnelle les partis francophones toutes tendances confondues ont fait montre d’une tiédeur, voire d’une imprévoyance et d’une naïveté sans bornes. Arnold d’Orez, l’un de ces bourgmestres floués, déclarait dans une interview au journal LE SOIR que le problème était, en fait, que « du côté francophone nous sommes restés attachés à la Belgique, et qu’on a alors consenti à des compromis successifs en espérant arrêter la machine. Illusion ! » (26/11/08). Comme nous l’avons à maintes occasions souligné, c’est bien cet attachement, cette forme de sentimentalisme désuet, à la Belgique, qui est à l’origine de la problématique institutionnelle. Si au fil de ce qu’Arnold d’Orez qualifie de « compromis successifs », les hommes politiques wallons, entre autres, s’étaient montrés plus vindicatifs quant au remodelage d’une Belgique confédérale, on aurait pu depuis belle lurette se concentrer sur ce qu’Elio DI RUPO appelle « les vrais problèmes des gens », ignorant que c’est précisément son attitude belgicaine (et celle de ses collègues francophones) qui est en bonne partie responsable de l’enlisement institutionnel actuel. La réaction conjointe PS/CDH/ MR à l’initiative du Ministre flamand KEULEN, immédiatement soutenu par l’ensemble des partis politiques flamands, à savoir celle d’un octopus où aborder les problèmes qui fâchent comme BHV, etc, nous laisse sans voix. Au pays du surréalisme, c’est sans doute de bon ton, mais quand même…

Pour le reste me direz-vous ? Et bien çà va. La crise financière suit son petit bonhomme de chemin. A l’étranger, on notera la quasi mort clinique du géant bancaire mondial Citigroup plus d’une fois réanimé par le gouvernement américain au cours des derniers mois. En Belgique après les sauvetages plus ou moins heureux des grandes banques FORTIS, DEXIA et KBC vint le tour en octobre de l’assureur ETHIAS lui-même acculé par des spéculations folles. Ensuite ? Plus rien ou presque (!) si ce n’est que le tribunal de commerce a officialisé la future reprise des divisions belges banques et assurances par le français BNP PARIBAS – admettons néanmoins qu’il s’agit d’un raccourci et d’une grossière synthèse de la situation mais c’est le résultat qui compte. Plus grand-chose de neuf depuis sur le front financier belge depuis lors, si ce n’est, et on applaudit des deux mains, la création d’une banque wallonne annoncée fin Novembre par le gouvernement régional et qui prendra effet à partir de 2009. Cet organisme, qui ne dira pas son nom car le vocable « banque » est jalousement « régulé » par le gendarme financier CBFA. Concrètement il s’agira de récolter l’épargne des wallons, moyennant intérêt, et de le réinvestir dans des projets structurants sur le territoire régional générateur d’emplois locaux. Il s’agit ici à notre sens de la première (seule ?), et on ne pourra que s’en réjouir, réponse structurelle apportée à la crise en Belgique, si ce n’est en Europe ! Pour l’anecdote et quitte à rendre à César, ce point était déjà au programme du Rassemblement Wallon en plein milieu des années septante, lequel s’inquiétait alors de voir l’épargne populaire financer le développement économique de la capitale et de la Flandre.
Mais encore : la lame de fond ? Si, si, celle dont on parle depuis le début de l’implosion du système financier mondial, la contagion à toute l’économie quoi ! Ben, ça y’est ! Tous les secteurs commencent à la voir venir. Aux USA d’abord, toujours leader dans tous les domaines et dont le secteur le plus touché, l’automobile, va être secouru à grand frais, mais également au Japon ou en Europe. Les indicateurs passent au rouge : le chômage qui augmente, la croissance en chute libre, les divers baromètres de confiance des ménages, entrepreneurs,… C’est donc la récession qui frappe à nos portes en ce début d’hiver. Mais il parait qu’une forte réponse des pouvoirs publics permettra de juguler les hémorragies. Tout d’abord, l’UE s’est discréditée en ne parvenant pas à se mettre d’accord sur une stratégie à long terme et concertée pour y répondre : on se contentera donc de cet inventaire vague de mesures disparates prises par les états membres au gré des desiderata ou des évènements. Et on n’a pas entendu une seule fois le mot social. Des chiffres ? Oui au moins un : l’addition des promesses de chaque pays. On n’est pas très loin d’un Téléthon… En Belgique le gouvernement vient de trouver une solution, qu’il appelle plan de relance : une baisse ciblée et temporaire de la TVA sur la construction (pourquoi elle et pas d’autres ?), une revalorisation des victimes du chômage économique et le financement de l’accord interprofessionnel. Et pendant ce temps là les travailleurs wallons casquent, que ce soit dans la sidérurgie, la pharmacie, la finance,… Soit, des pertes d’emploi sous le sapin !

Cette fin d’année et plus encore celle qui nous attend ne se présentent donc pas sous les meilleures auspices. Nous ne souhaiterons pas à nos lecteurs et sympathisants une bonne et heureuse année 2009, mais une année de luttes, de combats au plan institutionnel comme au plan économico-financier avec la volonté de construire une Wallonie plus autonome et une société où l’homme – et non le profit- est au cœur de la société. Comme écrivait Elie BAUSSART : « A côté de l’asservissement de naguère dans la brutalité, nous ne savons pas si le système actuel ne l’emporte pas en inhumanité. L’esclave d’hier pouvait parfois se donner l’illusion d’être encore lui sur le travail : c’est une illusion à laquelle doit renoncer celui d’aujourd’hui. Cet attentat contre la personne devenu la norme du régime capitaliste comme tel suffirait à condamner celui-ci ». (Essai d’initiation à la Révolution anticapitaliste. 1938).

Bernard et Nicolas DE COMMER.


Bulletin N°47

Davos ou Belém : un choix de société.

Fin janvier, Davos, en Suisse, et son Forum annuel économique. A des milieux de kilomètres de là, Belém, au Brésil. Et son Forum social. D’un côté, la crème des décideurs politiques et économiques ; de l’autre, essentiellement ceux que les premiers qualifient de gauchistes et d’écologistes, plus, quand même les présidents de cinq pays socialistes d’Amérique latine.

A nos yeux, c’est tout un choix de société qui s’affiche là.

Les organisations syndicales belges – FGTB et CSC- étaient en nombre à Belém, après avoir des années durant snober le mouvement altermondialiste. Interviewée dans LE SOIR du 2 février 2009, Anne DEMELENNE, secrétaire générale de la FGTB, expliquait sa présence à Belém ainsi : « On ne va pas attendre de ceux qui ont créé les problèmes qu’ils proposent des solutions qui iront dans le bon sens ». Nous partageons évidemment ce point de vue : ce n’est pas à Davos que des propositions alternatives au capitalisme et au néolibéralisme sont susceptibles d’être dégagées. Et pour tout dire, Davos est une montagne qui a accouché d’une souris. Certes, « présidents, ministres et patrons ont eu du mal à cacher leur désarroi face à une crise qui menace la mondialisation tant célébrée année après année en Suisse » (LLB du 31 janvier 2009), mais la seule piste évoquée pour tenter de s’en sortir est celle exprimée par Angela MERKEL d’une « charte pour le nouvel ordre économique ». Soit rien de bien marquant et dont plus personne ne parlera dans quelques semaines. Et d’ailleurs les médias ont essentiellement mis en avant, d’une part, « les soirées moins fastueuses et les buffets revus à l’économie » et, d’autre part, l’altercation à propos de la guerre à Gaza entre le premier ministre truc ERDOGAN et le président d’Israël SHIMON PERES.

A Belém, c’est de la triple crise économique, climatique et de gouvernance que subit la planète dont il a été question. On estime que 100 000 personnes ont pu s’exprimer à ce propos via des colloques, événements et autres ateliers. Le message global qui en est sorti est celui d’une condamnation sans équivoque du capitalisme et d’un « autre monde possible ».

Les contours de cet autre monde possible restent encore flous, certes. Comme toutes les utopies en marche, on sait où l’on va, mais pas vraiment par quels chemins. Et ici d’autant plus que le mouvement altermondialiste est constitué d’une myriade de mouvements : Green Peace, les Amis de la Terre, Amnesty International, la Fédération internationale des Droits de l’Homme, ATTAC, …, que fédère essentiellement leur volonté de dénoncer les politiques économiques et ses inspirateurs (OMC, G8), les grands organes financiers (FMI, Banque Mondiale) et celle de revendiquer l’annulation de la dette du Tiers-monde.

Si bien sûr il n’était pas question de mouvement altermondialiste à l’époque d’Elie BAUSSART (et pour cause, ce mouvement est né officiellement en 1999), il n’empêche que celui-ci s’est à maintes reprises exprimés sur des sujets que ce mouvement met en avant. Ainsi, par exemple, écrit-il en 1938 : « Comme système de production, certes il (le capitalisme) est capable de gagner l’enjeu. Comme mode de répartition, sa faillite est patente ». (Essai d’Initiation à la Révolution anticapitaliste). Ou, dans LE SOIR du 4 mai 1955 : « Le système désigné sous le nom de colonialisme est en vie de disparition. Les pays privilégiés de l’Ouest par l’avance de leurs techniques, ne pourront plus longtemps prélever sur les moyens d’existence de l’immense majorité des hommes, de quoi assurer leur prépondérance économique et politique. Les éléments d’une solidarité intercontinentale, telle qu’elle vient de s’ébaucher à Bandoeng*, se rassemblent : solidarité de pauvres et de démunis, sans doute, mais que leurs immenses ressources, dès qu’elles seront utilisées, par leur ardeur à agir dans un système approprié, conduiront à la prospérité et, par elles, à la puissance ». S’il n’est plus question en soi de colonialisme comme tel, personne n’osera affirmer que la dépendance vis-à-vis de l’Occident reste entière, ne serait-ce que eu égard à la dette du Tiers-Monde.

Et donc, en ce début de 21ème siècle, il reste beaucoup à faire pour libérer les hommes, libérer l’Homme, d’un système qui l’aliène et est en train dé détruire la planète. C’est le message de Belém. Par quoi ce système sera-t-il remplacé ? Bien malin qui pourrait le dire aujourd’hui, mais comme l’écrivait Elie BAUSSART : « Le système capitaliste est étendu au monde entier : il faut que la réforme soit assez générale pour que, dans les derniers refuges qu’il aura trouvés, ce soit à lui de se plier aux nécessités et aux lois d’une économie socialisée, et de faire son évolution pour rejoindre cette économie. De formes et des normes de cette économie, nous sommes assez prudents pour n’en point prédire et pour compter ici sur les inventions et les adaptations successives en fonction du but à atteindre, des ressources et des possibilités du lieu et du moment. Mais de quoi nous sommes convaincus, c’’est que la révolution doit être universelle et que, plus rapidement elle s’étendra, moins douloureuses seront les convulsions dont elle s’accompagnera. De quelle idée devrait s’inspirer cette révolution pour ne pas finir par une nouvelle barbarie ? Nous n’hésitons pas à répondre : de l’homme ».

Nul doute que si Elie BAUSSART avait encore été de ce monde, il eut préféré, et de loin, se rendre à Belém plutôt qu’à Davos.

Bernard DE COMMER.


* Dans cette ville de Java, les anciens pays coloniaux avaient défini les grandes lignes pour activer le processus de libération des peuples encore colonisés. Pour la Belgique cela déboucha sur un plan de décolonisation en 30 ans !


Bulletin N°48

L’enjeu des élections de juin 2009 : gauche ou droite, vraiment ?


Cette fois, on peut l’affirmer, chiffres à l’appui, la Belgique est en récession. Les statistiques de la B.N.B sont sans équivoque : le recul de l’activité économique se situe à 1,6%. Il n’était pas besoin de tels chiffres pour s’en convaincre : chômage technique (que le patronat souhaitait d’ailleurs étendre aux employés) et licenciements se sont multipliés un peu partout.

C’est sur fond de crise que vont se dérouler les élections régionales et européennes de juin prochain. Et cette crise pose évidemment la question du type de société que nous souhaitons et, surtout, de la place que l’Homme doit y occuper.

Un 1er mai en pleine campagne électorale devait apporter quelque éclairage quant à la réponse à donner à notre questionnement. Cela fut-il le cas ?

« Il est exclu, affirme Elio DI RUPO, de faire payer aux citoyens les conséquences de la crise de la crise libérale ». Quant à l’austérité qu’on nous annonce : « cela reviendrait à faire payer deux fois aux gens la folie libérale », la première étant l’argent public octroyé aux banques. Et de plaider pour que « le Ministre des finances fasse son travail ». Lisez : qu’il lutte contre la fraude fiscale évaluée à 10 milliards d’euros. S’il invite à une « mobilisation progressiste » pour « combattre la droite », tout comme à Tournai le Ministre DEMOTTE plaidant pour une « majorité absolue de gauche » (lisez un Olivier), force est de constater que dans aucun discours il n’est question d’un nouveau type de société.

Du côté de la F.G.T.B, on est un peu plus martial, mais tout juste : « Je lance ici un avertissement clair au monde politique, aux employeurs : on ne paiera pas la note une troisième fois ». Soit, mais après ? La CSC, par la voix de Claude ROLIN, ne dit rien d’autre : « Les salariés et allocataires sociaux qui font déjà les frais d’une crise qui n’est pas la leur, ne peuvent payer une nouvelle fois l’addition au travers d’atteintes à la sécurité sociale et au pouvoir d’achat ». Et de plaider pour une réforme du système.

A Jodoigne, le M.R tient aussi un discours réformateur (sans jeu de mots). Louis MICHEL déclare que « le capitalisme n’est pas un projet de société et n’est donc pas synonyme de libéralisme ». Et d’ajouter qu’il « faut changer le système. Mais le système, en Wallonie, c’est le socialisme ». On est en droit de se demander où en Wallonie il y eut jamais un système socialiste en place. Mais Louis MICHEL mêle tout à dessein.

Le capitalisme est-il vraiment gérable ? Le peut-on, comme les socio-démocrates que sont PS, CDH et ECOLO et les libéraux du MR le pensent ? Si c’était possible, on le saurait. On ne peut certes renier les acquis de la sociale démocratie, mais force est de constater que les rapports de force qui jouent un temps pour les travailleurs, in fine se retournent contre eux.

Elie BAUSSART, juste avant la seconde guerre mondiale, parlait, lui, d’une révolution anticapitaliste, pas d’une réforme. Deux modèles anticapitalistes s’affrontaient alors : le socialisme porté par l’U.R.S.S et le fascisme de MUSSOLINI et de HITLER. Ces deux modèles ont fait faillite et sans conteste faut-il s’en réjouir. Mais le capitalisme et le libéralisme sont toujours bien là. Et ces deux-ci sans concurrence depuis la chute du Mur de Berlin.

Comment Elie BAUSSART, il y a presque trois-quarts de siècles, imaginait-il cette révolution anticapitaliste ? « Imaginait-il », car selon ses propres termes « les possibilités sont immenses, quoique imprévisibles scientifiquement à l’heure actuelle ». Sa vision des choses était la suivante : « Que nous nous acheminions vers une libération du travail, ce n’est guère contestable ; que le travail devienne, dans l’entreprise, l’associé du capital, on peut le prévoir ; que les organes représentatifs du travail dans les institutions corporatives étendues de l’industrie à l’économie nationale, y disposent d’un pouvoir égale à celui du capital, il est permis de l’entrevoir ; que le travail assume la direction et la responsabilité de l’entreprise dans un régime d’économie nationalisée ou collective, l’hypothèse n’est pas absurde. De là à la conquête de l’Etat, il n’y a qu’un pas : le travail, conscient de sa force, n’hésitera pas à le franchir »

Le lecteur admettra aisément qu’un tel discours est autrement plus révolutionnaire que ceux entendus ici et là, ce 1er mai et que les programmes que nous proposent en tout cas les grands partis politiques démocratiques. Cela étant, il faudra bien que l’électeur se prononce. Le dernier mot lui reviendra, mais nous craignons fort que, à défaut de grives il lui faille manger des merles.

Bernard DE COMMER.  

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CRISE QUAND TU NOUS TIENS...

Billet d’humeur par Nicolas DE COMMER.

Puisque la grippe porcine, ou mexicaine c’est selon, ne nous aura pas tenu en haleine suffisement longtemps, parce que d’autres que moi vous parleront des enjeux des futures élections, ou encore que l’élection d’Obama n’a finalement rien changé à la face du monde, la liste est encore longue...
Bref, je m’y perds, pour toutes ces raisons, évoquées ou non, je n’aurai d’autres choix que de vous parler une fois de plus de la Crise, avec une majuscule car d’aucuns proclament que c’est la plus pire, ou la plus mieux: c’est quif quif... Quoi de neuf me direz-vous? Ben, c’est assez dire que pas grand chose!!! Les entreprises licencient à tour de bras avec une rapidité et une ruse que n’aurait pas renié un Lucky Luke, l’industrie automobile ne va toujours pas mieux si bien que si cela continue on devra peut être prendre le train, et l’épopée Fortis semble s’approcher de son épilogue.
Sur ce dernier point, j’ai presqu’envie de dire que cela va nous manquer, ces hordes déconfites de petits actionnaires qui hurlaient à qui veut l’entendre que c’était même pas de leur fautes, et qui à défaut d’incendiaire s’ennorgeuilait de tirer sur le pompier. Mais qu’est-ce qui nous manquera le plus finalement dans cette farce des temps modernes? Personellement, je m’étais pris d’affection pour le petit timonier, avocat à ses heures perdues, qu’est notre cher et tendre M.MODIKRAMEN. Pas vous? Sa manière d’harenguer les foules avec ses grands airs, et pire ou mieux, ses diatribes poujado-fascisantes. Je m’avance un peu, mais la comparaison n’est pas (que) de moi, elle est l’oeuvre d’un petit actionnaire – comme quoi ils sont pas tout pareils – au JT de la RTBF le jour du vote.
Dnas un autre idée, avez-vous vu le très intéressant Complément d’enquête de FR2 du lundi 04 mai 2009? On y montrait toute la détresse des travailleurs de Continental qui, sur un coup de sang bien compréhensible, et face à l’absence d’intérêt des cadors économiques et ou politiques vandalisaient une sous-préfecture et un poste de garde de leur usine. Et puis on voyait leur patron séquestré, le pauvre, pendant 26 heures, et qui, s’il comprenait “l’inconfort” de ses travailleurs au regards de leurs efforts vains en termes de temps de travail et de revenues, n’admettait pas leur colère. Surprenant… Le plus amusant, et j’en terminerai là, l’invité Alain MINCK *, s’en offusquait lui même. Regrettant au passage la faiblesse des syndicats en France, il s’est quand même permis de préciser qu’à l’échelle française, seuls 10% de la population souffraient réellement en ces temps obscurs, le reste vivant ses meilleures années… Franchement, si on le dit très vite, ça a l’air presque vrai…

* Pour ceux qui ne le connaitraient pas : il est patron, membres de conseils d’administration divers, penseur, auto labellisé “ami des partons” et, on fait parfois bien les choses, ami personnel de Nicolas Sarkozy


Bulletin N°49

Yes, we camp ... ou comment dire toute la déglingue du
monde

Yes, we camp! Oui, nous campons! C'est par ce cri plagiant le slogan d'Obama en campagne électorale que les membres du G8 ont été accueillis à L'Aquila, capitale des Abruzzes.

Le 6 avril dernier cette région était dévastée par un tremblement de terre où périrent 299 personnes et qui a laissé pour compte 23 000 sinistrés parqués dans des camps de toile, sans compter quelque 30 000 personnes relogées vaille que vaille jusqu'à 100 km du l'épicentre de la catastrophe. Les Obama, Merkel et Medvedev, escortés par un Berlusconi en quête d'une réhabilitation de son image,avaient la mine renfrognée de circonstance. Mais avaient-ils conscience de ce que ces ruines sont à l'image du monde qu'ils prônent? Ces camps, bien sûr, font penser à d'autres camps: en Palestine, au Soudan, à l'est du Congo, camps qui existent du fait des hommes, eux, et non des éléments naturels déchaînes. Mais aussi à ce milliard d'hommes sous-alimentés et à ces 2 milliards de pauvres de par le monde, victimes eux des pays riches – dont nous sommes- et qui font la course au profit à tout crin. Et qui frappent ces mêmes hommes doublement en émettant quelque 50 % de gaz à effet de serre, générateurs de réchauffement, de sécheresse, ici, ou inversement d'inondation ailleurs.

A moins que leur mine renfrognée ne vienne de ce que ce G8 s'en va à vau l'eau et n'est plus le symbole tant vanté par l'Occident de la réussite du capitalisme mais le constat de son échec à gérer équitablement la planète. Désormais, ceux qui font la pluie et le beau temps en matière économique ce sont les nations émergentes comme la Chine, l'Inde et le Brésil. Ce n'est guère mieux, convenons-en. Et cela n'ajoutera que d'autres miséreux à la cohorte de ceux existants déjà. Chez nous, y compris. D'ailleurs, le G8 dit craindre une « instabilité sociale », pour ne pas dire des troubles sociaux majeurs.

On nous annonce pour septembre un G20 à Pittbul aux U.S.A qui devrait décider plus largement du sort de la planète. Elie BAUSSART, en 1955, écrivait que « le balancier de l'Histoire dans sa course incline vers l'Orient... L'axe du monde se déplace. Il court de la Méditerranée au Pacifique par l'Océan indien » et d'en appeler à une « révolution économique ». La première partie de sa pensée est indéniablement en voie de se concrétiser. Qu'en sera-t-il de l'autre, de cette « révolution économique » qu'il appelait de toutes ses forces? Le G20 sera-t-il à même de la réaliser? Rien n'est hélas moins sur. Au point que Benoît XVI, que personne ne soupçonnera d'être un gauchiste, revendique, à son tour, une « véritable autorité politique mondiale pour gouverner l'économie mondiale »

A défaut, la planète sera condamnée à de bien sombres perspectives d'avenir.


Bernard DE COMMER.


Quand la F.E.B parle de la sécurité sociale…

Abonné à la newsletter de la FEB, c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai pris connaissance du point de vue de M. Piet TIMMERMANS, son directeur, pas moins sympathique au demeurant, sur l’avenir de la sécurité sociale! Mes commentaires en gras et notés : N. D.C

Nicolas DE COMMER

 

La sécurité sociale: une Rolls Royce avec un moteur de 2CV ?

Commentaire N.D.C : Non, un moyen de transport en commun, un formidable outil de solidarité pour le quel on achèterait son  ticket à  un tarif fixé en fonction de ses ressources... En tout cas c'est comme cela  que cela  devrait être!Depuis quelques jours, les premières estimations relatives au déficit dans le secteur de la sécurité sociale sont connues : au minimum 2,5 milliards d'euros cette année e et plus de 5,5 milliards en 2010. Et les perspectives ne sont pas bien meilleures pour les années suivantes. Il est désormais évident que la sécurité sociale dépense "structurellement" (c'est à dire indépendamment de la conjoncture défavorable) quelque 4 milliards de plus qu'elle n'a de recettes. En d'autres termes : nous voudrions rouler en Rolls Royce, mais avec un moteur de 2CV.

Commentaire N.D.C : La question du moteur ne se pose pas tant, le vrai nœud du problème est le carburant! De plus, oui le budget de la sécurité sociale n'est par défaut pas toujours liée aux performances de l'Économie : en tant de crise, les gens n'arrêtent pas d'être malades, le chômage ne diminue pas (j'ai presque honte de le lui rappeler) et les ressources n'augmentent pas alors que les dépenses bien (idem)!
  Par facilité, les syndicats revendiquent bien sur une augmentation des recettes, via un impôt sur la fortune, une cotisation sociale générale, plus de taxes sur l'industrie pharmaceutique, etc. S'agit-il d'une stratégie durable ? Non. Elle peut Éventuellement résoudre une partie du problème à court terme, mais à long terme cela revient à  scier la branche sur laquelle on est assis. Pourquoi ? Parce que ces beaux slogans fiscaux cachent en fait une opération unique de relèvement des impôts pour les actifs âgés de 25 à  50 ans. J’attends avec impatience les propositions concrètes visant à taxer ceux qui ont investi leurs économies dans une maison ou les ont placées sur un compte. Un impôt sur la fortune, qui toucherait quelque 10.000 'riches', ne permettra pas non plus de combler le déficit structurel de 4 milliards d’euros, mais entraînera la fuite de ces capitaux à l’Étranger. J’entends déjà  certaines personnes dire qu’il n’y a plus qu’à se tourner vers les entreprises. Si l’on veut compromettre la relance économique, porter un coup à  l’industrie ou aux services et donc à  l’emploi, alors attaquons-nous aux boeufs qui tirent la charrue. Le moteur 2CV de notre Rolls Royce ne tardera pas à  caler.

Commentaire N.D.C : Malheureusement, il ne s'agit pas de facilités, mais d'ambition! La seule facilité est une position néolibérale où¹ l'on abandonne tout comme M. Timmermans semble le suggérer : tout privatiser, oui cela  rapportera de l'argent aux riches et coûtera moins à  l'Etat. Mais qu'en coûtera-t-il à  la société? Aux travailleurs moyens et pauvres, la grande majorité d'entre nous, je vous rappelle au passage. Eh bien oui, les syndicats visent la justice sociale, et croyez-moi c'est autrement plus difficile que la loi du plus fort! Nous sommes par contre d'accord : n'augmentons plus la charge sur les travailleurs qui payent déjà  deux fois le coût d'une sécurité sociale (via des prélèvements sur salaires et via la TVA)  qui est loin d'être idéale. Du concret? En voici : taxons les grandes fortunes (si quelques-uns s'en vont, cela  changera-t-il grand chose vu qu'ils ne participaient de toute façon pas? Les abords de l'Avenue Louise seront peut être un peu moins glamour, mais à  par cela ?), taxons les revenus du capital comme ceux du travail (c'est cela  la solidarité et cessons les cadeaux fiscaux aux entreprises, ou tout le moins pour être réalistes lions les fermement à  la création d'emploi de qualités. Et remettons l'église au milieu du village : ce sont les travailleurs qui tirent la charrue et créent la richesse, pas les entreprises!       Nous devons donc changer de cap. Oser aujourd’hui décider de mesures structurelles qui auront au fil des années un impact grandissant. Nous devons vivre selon nos moyens. Les chiffres de la sécurité sociale montrent parfaitement où le bât blesse. En voici quelques exemples :

1.  Le chômage augmente, or le nombre de fonctions critiques demeure élevé.


Commentaire N.D.C : Pas totalement faux, mais dans un rapport de un pour six : s'il est évident qu'il faille les remplir, on est loin de régler la question du chômage avec ce seul point, soyons un peu réaliste m 'enfin! Et créons de vrais emplois.... Notre espérance de vie est de plus en plus longue, mais nous souhaitons sortir relativement tôt du marché du travail. Notre régime de pensions ne restera soutenable à  l’avenir que si nous intégrons d’une manière ou d’une autre cette espérance de vie accrue dans le calcul des pensions.


Commentaire N.D.C : Rappelons que l'on travaille pour vivre et pas l'inverse, et que nous ne voyons pas en quoi il est choquant de vouloir profiter d'une fin de vie de qualité après une carrière pour beaucoup peu épanouissante! De plus ne négligeons pas le poids économique des seniors! Sans compter le fait qu'à  la moindre occasion, le moindre patron se défait de ses "vieux"... Faut réfléchir avant de parler!

3.  Nous souhaitons continuer à  appliquer au principal poste de la sécurité sociale, à  savoir l’assurance maladie (22 milliards EUR/an !), une norme de croissance de 4,5% par an, et ce alors que l’économie connaîtra cette année une croissance négative de l’ordre de 4% et, dans le meilleur des cas, une croissance nulle en 2010.

C'est un brin démago, mais à  qui la faute? Tout cet argent public engouffré dans les entreprises financières parce que quelques-uns, il y'a un an encor, voulaient toujours faire plus avec rien et surtout que les autorités ne s'en mêlent pas! Maintenant les banques sont sauvées, heureusement pour les petits épargnants que nous sommes, mais dans un monde idéal cet argent n'eut-il pas été mieux utilisé pour construire des écoles, crèches, hôpitaux etc... Oui, tôt ou tard, les entreprises qui en ont bénéficié devront rendre la monnaie de leur pièce afin de soutenir la construction de la société que nous voulons!

4.  Les autres allocations bénéficient d’une liaison au bien-être, sur la base d’une augmentation annuelle de la productivité dans le secteur privé de 1,75%. Or, actuellement, celle-ci ne dépasse pas 1,25% au mieux. Dèss lors, les revenus des travailleurs croîtront moins vite que ceux des allocataires sociaux.

Commentaire N.D.C : C'est partiellement faux, et uniquement après des années d'écart croissant de manière scandaleuses!

Une autre solution consiste en une lutte contre la fraude fiscale ET sociale. Nous sommes en faveur d’une politique de tolérance zéro dans ce domaine, mais en traitant en parallèle tous les facteurs qui encouragent cette fraude.

Commentaire N.D.C : On n’a jamais dit le contraire, mais ce n'est pas en supprimant les impôts des riches et les allocations des pauvres que l'on va y arriver (démago mais j'assume, en même temps, c'est tellement facile!) Mais là aussi, restons réalistes : il est utopique de croire que cela permettrait de combler les déficits. Pas sur de un, et de deux ce qu'il appelle un déficit je le rebaptise un surplus de bien être social!La FEB est prête à  prendre ses responsabilités et à  prendre part à la recherche de changements structurels visant à  rendre la sécurité sociale payable à terme. Les chiffres indiquent qu’il faut adapter structurellement le rythme des dépenses à  l’assise de notre économie. Vouloir le contraire relève du rêve. De l'audace et de l'ambition, notre avenir le mérite!


Commentaire N.D.C. : Ouf, j'ai failli croire le contraire Piet!!!
Source pour la FEB http://www.vbo-feb.be/index.html?vmininews=1&id=835


Bulletin N°50

Coup d'oeil dans le retroviseur

C'est en novembre 2000 que le bulletin renaissait de ses cendres, en quelque sorte. Depuis la naissance de la Fondation, il était, certes, sorti de presse mais de manière très irrégulière. Avec ce premier numéro, nouvelle série, il prenait en outre une orientation différente de celle du passé; en effet, il se voulait coller au plus près à l'actualité politique et sociale, s'inscrivant ainsi, en toute modestie, dans les pas d'Elie BAUSSART lorsqu'il eut l'idée de créer La Terre Wallonne.

 

Coup d'œil dans le rétroviseur en sorte de se rappeler ce qui s'est passé au cours de ces presque dix années, non pas par souci de nostalgie mais parce le passé peut et doit parfois nous éclairer sur les enjeux d'aujourd'hui. 

 

Dans le numéro 2 de janvier 2001, nous reprenions cette citation d'Elie BAUSSART: «  Parfois, un rocher considérable, miné par un lent et invisible travail, s'effondre, mais la physionomie de la montagne n'en est pas changée ». Il évoquait le modèle de société capitaliste. En 2008, force était de constater que ce modèle de société était toujours bien présent avec la crise bancaire, qui est aussi, quoiqu'en dis d'aucuns, une crise du capitalisme et du néo-libéralisme.

 

A plusieurs moments, nous avons évoqué les problèmes institutionnels. Ils sont toujours bien présents, eux aussi,  et la polémique autour de BHV n'en est qu'un soubresaut parmi d'autres. La conscience wallonne a-t-elle progressé depuis? En mai 2006, dans le numéro 30, nous évoquions un essai de constitution wallonne peu révolutionnaire en soi mais ayant déclenché l'ire des médias francophones que l'on sait dominés par Bruxelles, En janvier 2007, nous stigmatisions les réactions de DI RUPO et de MILQUET suite à l'émission-fiction de la RTBF sur l'éclatement de la Belgique. Force est de constater qu'on s'est un peu plus encore rapproché de cet éclatement qui n'est sans doute pour nous déplaire mais que les tergiversations de certains belgicains, tous partis confondus, ne font finalement que retarder et placer la Wallonie dans une position inconfortable en vue des négociations futures.

 

En mars 2001, nous évoquions le refinancement des Communautés et donc de l'école et le souhait d'une régionalisation de l'enseignement. Celle-ci est dans les faits réalisée en cette fin 2009: la Région wallonne a quasi main-mise sur la Communauté française touchée de plein fouet par la crise, Bruxelles étant exsangue financièrement parlant. Le gouvernement wallon et communautaire sont en outre fusionnés. On parle, à présent, de Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

A plusieurs reprises aussi nous avons traité d' un sujet cher à Elie BAUSSART, celui de la paix dans le monde. Force est de constater que celle-ci est loin d'être une réalité partout dans le monde. Citons la Palestine, l'Afghanistan, l'Irak, les pays des Lacs en Afrique, … sans oublier l'Iran et son refus de se soumettre vraiment au contrôle international en matière d'énergie atomique.

 

Plus que jamais donc, et c'est le bilan que nous pouvons faire de ces cinquante numéros, plus que jamais la pensée d'Elie BAUSSART continue d'interpeler les femmes et les hommes de ce temps et se révèle très actuelle quand bien même les conditions socio et politico-économiques ont changé.

 

Nous ne pourrons donc que poursuivre dans la voie que nous nous sommes tracée lors de la création de la Fondation : être un endroit où des hommes de tous horizons cherchent ensemble des pistes de réflexion et d'action pour la Wallonie, la paix et une société plus juste.

 

C'est en tout cas les vœux que nous formulons au seuil de l'année 2010 et puissions-nous nous retrouver pour le 100 ème numéro.

 

B. DE COMMER.  

 

 

Tribune libre:

 

 

          FDF et Wallonie

 

Le FDF veut s'implanter en Wallonie. Chantal Kesteloot  énumère plusieurs tentatives antérieures du FDF en Wallonie (1) : en 1979, (liste commune avec le Rassemblent wallon [RW], aux européennes de juin 1979).  En 1984 (présentation en Wallonie d’une liste FDF qui fut un échec). Puis le lancement de Pari Pour la Wallonie (PPW), qui obtint 1% des voix. Tentative de refondation du FDF en en 19911993 avec une aile wallonne et bruxelloise à travers SUD qui fut suivie de l’offre d’une fédération avec le PRL proposée par Jean Gol.  La situation actuelle  avec  40% des mandataires FDF au MR à Bruxelles.

 En 1979, Antoinette Spaak obtient 117.000 voix de préférence pour la Wallonie et Bruxelles. Les principaux responsables du FDF veulent la fusion du FDF et du RW, alors qu'avant ils étaient distincts, ce qui  supposait une délimitation des deux régions (2). Lors du Conseil régional du RW en septembre 1981 à Namur, Paul-Henry Gendebien comprend qu’une faible majorité des membres du Conseil va se prononcer en faveur de la fusion (prélude à la fusion Communauté/Région). (3)  Il quitte le RW. Celui-ci meurt de sa belle mort, mais ses militants et mandataires rallient  surtout le PS lui donnant une orientation régionaliste qui jouera un rôle important. Le  Manifeste pour la culture wallonne est promu  par Jacques Dubois, Michel Quévit,  Jean Louvet, Jean-Jacques Andrien et moi-même  le 15 septembre 1983. C'était la première manifestation collective de tout rejet de fusion Communauté/Région. En 1987, se réunit à Charleroi, à l’Hôtel de Ville, le plus grand des Congrès wallons jamais organisés .  Le Manifeste de 83 fit pencher la balance en faveur du régionalisme  comme aussi l’influence du rapporteur scientifique, le Professeur Quévit. Au congrès de Wallonie Région d’Europe, présidé par José Happart,  à Ottignies, le 31 mars 1990 une Commission réunie le matin sur les questions institutionnelle proposa (à une voix de majorité), que le Congrès se prononce sur la suppression de la Communauté. En assemblée générale, la suppression l'emporta.

A la XVIe Conférence des peuples de langue française tenue à Sète (du 5 au 7 juillet 2005), Olivier Maingain, président du FDF et de la Conférence fit tout ce qui était en son pouvoir pour barrer la route de la tribune aux mouvements spécifiquement wallons, désirant garder l'exclusivité de la représentation de la Belgique francophone (la Wallonie ne devant plus y être nommée). (4) Le même phénomène se reproduit les 14, 15 et 16 août 2008 à Québec à la XVIIe Conférence (5).  Le FDF veut réduire la Wallonie  à une annexe francophone de Bruxelles et c'est là la tendance des autres partis francophones qui trouvent cet espace francophone adéquat à leur propre espace géographique sans voir qu'ils sont, comme démocrates, avant tout responsables, non devant leur président de parti, mais le Parlement des Wallons et des Bruxellois. Leur dérive démocratique représente un danger de mort pour la Wallonie et la démocratie. Le FDF joue le même jeu qu'eux. Contre les Wallons.  Contre les Bruxellois. Contre les Citoyens.

José Fontaine, directeur de TOUDI

(1)   La Libre Belgique du 24/10/2009. (2) Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, éditions de l’ULB, p. 150. (3) Chantal Kesteloot n’évoque pas cette volonté d’implantation du FDF en Wallonie qui fut sans doute la plus proche du succès dans l’article cité de La Libre Belgique. (4) José Fontaine La XVIe conférence des peuples de langue française in VIGILE, 9 juillet 2005 consultable  sur http://archives.vigile.net/ds-chroniques/docs5/jf-149.html (5) José Fontaine, La Wallonie à la XVIIe Conférence des peuples de langue française, in VIGILE du 28 septembre 2008, consultable sur http://www.vigile.net/La-Wallonie-a-la-conference-des

(2)   D'autres informations sur http://www.larevuetoudi.org/fr/story/communauté-françaisewallonie-une-confusion-malsaine ou en tapant , notamment, FDF + Wallonie sur Google.

 


Bulletin N°51

D'Hopenhague à Copenhague...

D'illusions en désillusions.

L'ensemble des nations se sont réunies dernièrement à Copenhague. Les attentes, les espérances étaient énormes comme jamais elles ne l'ont été. Au point que d'aucuns parlaient d' Hopenhague (de l'anglais « to hope », espérer).

Le réchauffement de la planète, entre autres, ne date pas d'hier. En 1970, le rapport « Meadow » met en avant les dangers écologiques d'une croissance économique et démographique non maîtrisées. Entre 1970 et 2010, il y eut le sommet de la Terre de Rio (1992) et Kyoto (1997). On y a beaucoup palabré, quasi pas agi. Ou, en tout cas, les actions mises en place étaient en complet décalage avec l'imminence des dangers qui nous guettent. Comme si l'on eut pris, à chaque fois, des dispositions valables pour la décennie précédente. Or, entretemps, la situation n'avait cessé de se détériorer. Copenhague n'a pas failli aux mauvaises habitudes.

Si nul ne doute plus que nous courrions de catastrophes écologiques en catastrophes écologiques à une catastrophe majeure, globale, qui affectera la planète dans son ensemble et sans plus aucune possibilité de faire marche arrière, en un mot, si la prise de conscience existe bel et bien, personne ne veut vraiment se mouiller.

Les pays riches et émergeant se regardent en chiens de faïence, se soupçonnant mutuellement  de vouloir tirer les marrons du feu. Les pays pauvres, quant à eux, ne peuvent se payer les énergies vertes et attendent que les pays riches les aident à se les procurer. Mais ceux-ci en sont guère disposés à le faire.

Le 29 novembre et jusqu'au 10 décembre 2010 se tiendra la 16ème Conférence de l'O.N.U sur le climat à Mexico. Une année sera encore passée. Une de plus. Et la situation ne pourra avoir qu'empirer.

Elie BAUSSART ne s'est guère exprimé sur les problèmes écologique et pour cause, nul n'en parlait vraiment. Dans un petit opuscule, pourtant, « Charleroi et son bassin » (Editions La Terre wallonne, 1926), parlant du « pays noir – ou plutôt gris », il écrivait: « Tout cela sous un dôme mouvant de fumées grises, roussâtres, noires qui roulent, se bousculent, et, bientôt, s'effilochent ». On sent indéniablement sous sa plume comme une inquiétude. Le rapport « Meadow » ne viendra que bien plus tard. Nul doute que si Elie Baussart était encore de ce monde, il eut été du côté de ceux pour qui la sauvegarde de ce bien commun qu'est la planète terre passe avant la défense des intérêts particuliers.

Comme lui nous pensons que « l'oeuvre de l'homme est trop grande depuis qu'il est sur la terre, ses luttes trop héroïques, son ascension – quels que soient les chutes et les retours en arrière qui l'avaient marqué – trop certaine pour que, au total, nous n'admirions pas cette longue épopée.
Des civilisations nous ont faits ce que nous sommes: nous portons en nous leur héritage dans nos idées, dans nos moeurs, dans nos oeuvres. Nous ne renions rien de ce qu'elles nous ont laissé de beau, de grand, d'utile. Et nous voulons les continuer ces civilisation, ou plutôt les enrichir, sans tomber dans leurs erreurs ».

Une des ces erreurs – et quelle erreur ! - fut et est justement de tout sacrifier à la croissance, fut-ce la vie ( ou la survie peut-être) de la planète elle-même. Espérons que les générations qui nous succèderont n'auront pas à haïr la nôtre comme aucune génération n'a jamais haï celles qui la précédaient.

B. DE COMMER

 


Bulletin N°52

De la chute du Mur de Berlin à la chute de Lehman Brothers...
 

En un bon quart de siècle, nous avons connu l'effondrement de deux idéologies: l'idéologie marxiste et l'idéologie libérale. La première était symbolisée par la chute du Mur de Berlin, la seconde par la chute de Lehman Brothers.

Nos contemporains se retrouvent complètement déboussolés et la plupart d'entre eux se sont arcboutés sur leurs droits individuels, reléguant l'Etat – la collectivité- dans un rôle exclusif de prestataires de services à la carte. Si l'Etat Providence existait bel et bien avant, il supposait entre les individus une certaine solidarité, librement consentie ou imposée mais bien réelle et non discutée.

Aujourd'hui, la vision que nous avons de l'Etat est strictement utilitariste. Ce que l'on demande, par exemple, à la Région wallonne, c'est dé réparer les routes fortement dégradées par les dernières intempéries non pas parce qu'elles sont un bien  collectif, utile à tous, mais parce que nous payons pour cela et qu'elles nuisent aux amortisseurs de nos véhicules personnels.

Autre exemple, et qui touche un outil de socialisation comme le sont les organisations syndicales. Lorsque l'on s'affilie à une organisation syndicale, quelle qu'elle soit, majoritairement on le fait dans une perspective de défense individuelle. La dimension collective du combat syndical est absente au point qu'il est désormais difficile de trouver des candidats pour les élections sociales. Le paiement d'une cotisation est perçu comme le seul investissement personnel tolérable. Et encore!

Devant cette absence apparente d'alternative – sinon le repli sur soi perçu comme le centre du monde- il n'est sans doute pas vain de revisiter quelque peu la pensée d'Elie BAUSSART.

Celui-ci fut particulièrement critique sur les deux modèles de société: marxiste et capitaliste. Dans « Essai d'initiation à la Révolution anticapitaliste », il écrira à propos de l'Etat libéral: « Si haut qu'il mette l'individu, si tenté qu'il soit de la déifier, quelque soin qu'il prenne de garantir ses droits essentiels, plus théoriques que concrets, l'Etat libéral considère l'homme comme un être de raison, déraciné, sujet de droit plutôt que personne vivante au point qu'il a fallu lui faire violence pour qu'il prît en considération le sort du prolétariat. Par contre, placez l'homme dans l'Etat communiste ou totalitaire: le voilà sacrifié à la communauté-termitière, dont il n'est plus qu'une des unités interchangeables, et dont la fin dernière est d'assurer la conservation de l'espèce – en tant que peuple ou en tant que nation- le salut de celle-ci étant la loi suprême. Subordonné à l'économie, asservi, jusque dans sa vie personnelle, à la loi inexorable du profit qui n'épargne pas plus le riche que le pauvre, il ne reste, juridiquement s'entend, au citoyen de l'Etat démocratique, que l'évasion dans le monde abstrait des droits de l'homme: évasion illusoire souvent, qui ne délivre pas des chaînes qui l'entravent comme producteur, comme père de famille, comme candidat à la culture... » Et Elie BAUSSART de rêver à une société où « le citoyen est libre dans l'Etat » où le « citoyen n'est pas un dieu. L'Etat non plus. Ni la race, ni la langue, ni la classe ».

Elie BAUSSART ne précise pas les contours que revêtirait ce nouveau modèle de société auquel il aspire, sinon qu'il doit être « un ordre social fondé sur la justice » et qu'il s'impose de  travailler «  à frayer les voies de la cité nouvelle, en attendant d'y vivre ».

Cette cité nouvelle sera-t-elle celle qui se base sur l'allocation universelle, comme certains l'affirment et dont on pourra lire ci-après et sur notre site web les préceptes ?

Nous laissons à nos lecteurs le soin d'y répondre positivement ou non. Quoiqu'il en soit, quelle que soit la société qui nous attend, elle devra, comme l'écrivait Elie BAUSSART, être  l' « humanisation de tous ».   

B. DE COMMER.


Bulletin N°53

Nil mortalibus arduum est.

Rien n'est impossible aux mortels. C’est par cette citation de Horace que Bart De WEVER a ouvert son discours de victoire devant ses militants. On aime ou on n’aime pas Bart DE WEVER, mais il faut lui reconnaître un sens indéniable de l’à propos. Et si, tout simplement, les Wallons en faisaient, eux aussi, leur slogan ?

 

Au moment de boucler le présent éditorial, le même Bart De WEVER consulte tous azimuts au titre d’informateur. Nous aurons l’occasion de revenir ultérieurement sur la réussite ou l’échec de cette mission. Constatons simplement que l’homme qui, à la veille des élections était déclaré infréquentable par les partis francophones, du jour au lendemain, l’est devenu même si certains y mettent des réserves comme par exemple Charles PICQUE (PS) lorsqu’il déclare le dimanche des élections sur le plateau de la RTBF : « M. DE WEVER ne m’en voudra pas (il est assis à ses côtés). Mais quand il est apaisant, je suis encore plus vigilant ». Il fait évidemment allusion aux prises de position de la NVA sur le statut de Bruxelles (à cogérer par la Flandre et la Wallonie) et sur BHV(à scinder purement et simplement).

 

BHV a fait tomber le gouvernement via le VLD. Quant à nous, Wallons, nous rejoignons José HAPPART à ce propos quand il déclare : « Le problème de BHV regarde d’abord la Flandre et les Bruxellois. Que la Région bruxelloise et les Flamands négocient BHV entre eux. Ce que les Bruxellois estimeront bon, les Wallons seront d’accord avec cela ». Cela étant dit, nous n’arrivons pas à comprendre à quel titre des Francophones installés en Flandre refusent de s’intégrer.

 

 

Les Flamands, dont étaient mes grands-parents, qui, au siècle dernier, avec les Italiens et autres immigrés, ont rejoint la Wallonie pour y travailler dans les charbonnages, l’on fait sans la moindre facilité. Que du contraire, ils ont fait l’objet de quolibets (Sale Flamind, disait-on) et de discriminations (interdit aux chiens et aux Italiens, portait une enseigne de café).  

 

Mais revenons à la victoire de la N-VA. Beaucoup ont affirmé que ce succès massif était dû aux manœuvres du VLD qui aurait voulu paraître plus Flamand que Flamand et en récolter les fruits électoraux. Il y a        eu de cela, c’est certain. Mais nous trouvons l’analyse de Vic ANCIAUX nettement plus pertinente. Il affirme, en effet, que « cette victoire était prévisible. Certains discours venant de la francophonie, de la part de MILQUET et consorts ont joué en faveur de Bart DE WEVER et l’ont rendu plus fort. Les médias ont aussi joué un rôle en se focalisant, durant toute la campagne, sur Bart DE WEVER » (LE SOIR, 19/06/2010).

 

Mais cette victoire, tant redoutée par d’aucuns, est-elle vraiment redoutable ?

 

Nous ne le pensons pas. Nous croyons, au contraire, que, jumelée à celle du PS, c’est une occasion unique d’aller plus avant, plus profondément, dans la réforme de l’Etat. L’article 35 de la Constitution prévoit que les Régions ont toutes les compétences sauf celles dévolues au fédéral. Force est de constater aujourd’hui que l’on fait l’inverse : toutes les compétences sont au fédéral sauf celles qu’on transfère aux Régions. 

 

Fédéralisme ou confédéralisme, peu importe après tout les mots ! Il faut que les Wallons osent aller de l’avant. Ils en ont l’occasion historique, ils en ont la capacité. Ils ne doivent pas se laisser piéger par des discours belgicains qui ne disent pas leur nom. Ni par les propos arrogants d’un certain parti bruxellois – nous visons le FDF- qui n’a que mépris pour la Wallonie et les Wallons. Comme l’écrivait José FONTAINE dans notre Bulletin n° 50, « le FDF veut réduire la Wallonie à une annexe francophone de Bruxelles ». De cela, il faut que les Wallons prennent bien conscience au moment où s’entameront les négociations communautaires.

 

Comme l’écrivait Elie BAUSSART : « Je souhaiterais que nous soyons au premier plan dans le développement de ce sain régionalisme qui, en révélant la Wallonie aux Wallons, et les Wallons à eux-mêmes, nous fait mieux aimer notre petite patrie et resserre les liens d’amitié, de fraternité au sein de la communauté wallonne… Je me permets d’insister sur cette action tournée vers l’avenir, car, outre sa valeur propre sur le plan actuel, elle nous gardera d’un défaut dans lequel versent facilement les mouvements régionalistes : l’autolâtrie (sic) à force de regarder le passé dans le miroir complaisant de l’amour-propre et des préjugés, laquelle engendre presque fatalement le mépris et la défiance  du voisin. Qui oserait dire que, Flamands et Wallons, nous ne sommes pas tombés dans ce travers ? ».

 

C’était en 1936, dans « Terre wallonne ». En y ajoutant aujourd’hui « Bruxellois », comme cette réflexion, initiée il y a quasi trois-quarts de siècle, est encore et comme jamais bien d’actualité.